Beverley Thorpe est directrice internationale de Clean Production Action, membre du conseil de l’ACSM et du conseil de Prevent Cancer Now. En octobre, le premier ministre du Bhoutan l’a invitée à donner des conseils sur la gestion des déchets.

Le Bhoutan est un royaume cerné par l’Inde et une partie de la Chine (autrefois le Tibet) qui s’efforce d’améliorer le bonheur national brut de sa population. Connu également sous le nom de Royaume du Dragon, il était fermé aux étrangers jusqu’à récemment. La télévision et internet sont arrivés vers la fin des années 90, et au début de ce nouveau siècle, le roi a entrepris de transférer des responsabilités au nouveau parlement, confiant que les Bhoutanais doivent comprendre, travailler et être responsables d’élire démocratiquement leur gouvernement.

Le Bhoutan possède encore les trois-quarts de son parc forestier et est très conscient de son environnement et de ses ressources. Cependant, les déchets sont un autre problème. Ils s’accumulent faute de conteneurs et l’unique décharge est pleine. Comme dans bien d’autres pays qui font face à une production de déchets toujours plus envahissante, l’incinérateur est souvent perçu comme la solution au problème. C’est dans ce cadre que Beverley a été invitée pour donner son avis sur la construction d’un incinérateur au Bhoutan. Son expertise sur la dioxine et les émissions toxiques des incinérateurs lui permet de mieux sensibiliser les gens aux inconvénients de l’incinération. Elle a livré un plan en 10 étapes pour que le pays atteigne en trois ans le niveau zéro en matière de déchets.

Et Beverley d’ajouter : « Cette invitation au Bhoutan fut un honneur et une magnifique expérience. Mais ce qui est plus important, ce fut surtout une bonne occasion pour donner de nouvelles informations au gouvernement et ainsi l’aider à prendre des décisions éclairées quant au type de gestion des déchets que le pays décidera de pratiquer dans le futur. Le Bhoutan n’étant pas une grande société de consommation, cette gestion est tout à fait possible. La presque totalité peut être compostée, recyclée et, dans le cas des téléphones cellulaires et autres produits électroniques, les fabricants peuvent les reprendre pour les recycler. Ce n’est pas tous les jours qu’on a le privilège de participer à la mise en place d’une nouvelle politique et j’espère que j’ai pu les aider de quelque manière à mettre ce très beau pays sur la voie d’un développement sans déchet et d’un environnement sans dioxine .»