Par Lise Parent, professeure en Environment, Téluq ; membre du conseil d’administration d’ACS-Qc

Le Réseau des femmes en environnement : cheminement, mission et actions

L’idée de la création du Réseau des femmes en environnement (Réseau) est survenue lors d’un colloque organisé en 1998 par le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) et ayant pour thème l’environnement, le Saint-Laurent et la santé des femmes. Les participantes à ce colloque ont insisté sur l’importance de créer un réseau de femmes en environnement pour mieux informer la population, particulièrement les femmes, sur les problématiques environnementales, en plus de vouloir mettre en valeur l’expertise des femmes qui travaillent dans le domaine de l’environnement. C’est ainsi qu’en 1999 est né le Réseau des femmes en environnement (de 1999 à 2010, le nom du Réseau était le Réseau québécois des femmes en environnement – RQFE) ayant comme mission de donner au Québec, un espace d’échange et une voix aux préoccupations des citoyennes quant à la promotion du développement durable et prioritairement à la protection de l’environnement et de la santé. Il regroupe bon an, mal an, près de 400 membres à travers tout le Québec, mais aussi des membres en Europe, en Afrique et en Amérique du Sud. Son conseil d’administration se compose d’administratrices élues lors de l’assemblée générale annuelle. Pour remplir sa mission, le Réseau s’est donné plusieurs objectifs dont :

  • favoriser la mise en lien des femmes intéressées par le développement durable et l’environnement;
  • renforcer les capacités d’intervention des femmes dans les domaines du développement durable et de l’environnement;
  • informer et sensibiliser la population sur l’environnement et sur les liens entre l’environnement, les femmes et la santé;
  • s’impliquer dans le développement et la diffusion de nouvelles connaissances dans les domaines concernés par sa mission, entre autres en contribuant à des activités de recherche;
  • contribuer à la protection de l’environnement et au développement durable par des actions concrètes.

La création et le développement de projets concrets d’action grâce à l’implication de ses membres représentent une des grandes forces du Réseau.Ces projets se regroupent principalement dans les cinq domaines suivants :

  • Écobureau. Par des services-conseil et de formation, le Réseau aide les organisations de petite envergure à diminuer les impacts de leurs activités sur l’environnement et à augmenter les impacts positifs sur la société et sur l’économie solidaire / locale.
  • Écocommunication et le Conseil québécois de la communication pour le développement durable. Le Conseil a pour mandat d’établir un cadre québécois de dialogue, de mobilisation et d’innovation visant à stimuler la mise en œuvre du développement durable et la pratique de la communication responsable. Pour ce faire, il organise des colloques et participe à la conception d’ouvrages et d’outils sur la communication responsable.
  • Écosanté. Les liens entre l’environnement et la santé, particulièrement la santé des femmes, constituent un thème d’intérêt majeur pour le Réseau depuis les débuts. Depuis quelques années, il s’est principalement intéressé aux perturbateurs endocriniens. Ainsi, le Réseau développe et diffuse des formations sur la santé environnementale, des outils de sensibilisation pour diminuer notre exposition aux substances toxiques et induire des changements de comportement écosanté. Il s’associe à d’autres organisations, dont Action Cancer du sein, pour diffuser des informations sur la santé et l’environnement.
  • Écoéquité. Le Réseau s’intéresse aux questions d’équité et d’égalité hommes-femmes en matière d’environnement et de développement durable (au niveau des usages, des pratiques, des impacts différenciés, de l’emploi et de l’économie). Il initie différents projets à cet effet, dont les immigrantes professionnelles en environnement et l’emploi au Québec, les élues et le développement durable, l’intégration du genre dans la lutte et l’adaptation aux  changements climatiques ou par rapport à l’énergie.
  • Évènements écoresponsables. En créant le Conseil québécois des évènements écoresponsables, le Réseau vise à favoriser et encourager l’organisation d’événements intégrant des pratiques d’écoresponsabilité. Il a mandaté le BNQ pour développer une norme québécoise dans ce domaine, en application depuis 20XX. Par ailleurs, il organise annuellement le concours Les Vivats, un hommage aux organisateurs d’événements qui adoptent des pratiques responsables.

Quels parallèles peut-on établir entre le Réseau et ACS-Qc et pourquoi sont-ils pertinents?

C’est un groupe en environnement d’abord, mais qui dans toutes ses actions tente de voir l’environnement avec une approche écosystémique comprenant les aspects de santé, de bien-être, d’équité entre les genres, les races, etc.  Évidemment, plusieurs des projets du Réseau touchent la santé environnementale, dont la santé des femmes, et le cancer du sein fait partie des maladies qui touchent spécifiquement les femmes. Toutes les personnes intéressées à comprendre les liens entre la santé et l’environnement pourraient aussi être interpellées par la mission du Réseau des femmes en environnement et souhaiter participer à ses différentes activités, et ce, sans compter le dynamisme du groupe en tant que tel et le grand professionnalisme dont fait preuve chacune des employées du Réseau.