Par Maychai Brown

À la fin de l’hiver dernier, la première directrice générale d’ACS-Qc, Rosanne Cohen, a quitté son poste et a transmis une organisation forte à sa successeure, Jennifer Beeman.

Lorsqu’elle est devenue directrice en juillet 2011, l’organisation avait déjà pris la décision de travailler à tenter d’atteindre une population de femmes plus jeunes —celles dont l’exposition à des substances toxiques aurait un impact sur la santé tout au long de leur vie. Rosanne est allée de l’avant et a insufflé un nouvel élan à FemmeToxic, une initiative d’ACS-Qc déjà établie ayant été créée pour sensibiliser les jeunes femmes à la présence de substances toxiques dans les cosmétiques. En outre, elle a contribué à la conception d’un nouveau programme, 3i (Influence, Initie, Impacte), qui favorise le leadership des jeunes femmes dans les dossiers liés à l’environnement et à la santé aux niveaux communautaire, civique et politique. Ce nouveau programme a vu le jour grâce à une subvention qu’elle a obtenue de Condition féminine Canada.

Le réseautage avec les groupes communautaires et les ONG partageant les mêmes idées est l’une des forces de Rosanne. Elle s’est associée à trois organismes nationaux afin d’attirer l’attention sur les perturbateurs endocriniens en milieu de travail. La subvention qu’elle a obtenue de la Fondation Catherine Donnelly a donné lieu à un partenariat avec l’organisme Environmental Defence pour favoriser la défense de l’environnement parmi les populations marginalisées. Grâce à cette subvention, ACS-Qc a conçu le projet PACT en vue de monter et de diriger des ateliers qui seront tenus à l’échelle nationale. Localement, en collaboration avec deux organismes importants voués à l’environnement et à la santé des femmes, elle a mis sur pied la campagne Les loupes actives, campagne de sensibilisation aux substances toxiques présentes dans l’environnement.

Trois nouvelles employées —Naïké Ledan, Darshanna Dhunno, et Anaïs Lagacé — ont apporté expérience, enthousiasme et énergie à ces projets. Parce qu’elles avaient été mandatées pour interagir avec de grands groupes, Rosanne a fait en sorte qu’ACS-Qc s’installe dans de plus grands locaux dans le quartier St-Henri, où le personnel, plus nombreux, exerce confortablement ses fonctions et où les réunions en soirée peuvent regrouper jusqu’à 25 personnes.

Dans ses trois courtes années comme première directrice générale d’ACS-Qc, Rosanne a accru la visibilité de l’organisme. Sa sincérité, sa simplicité et son sens de l’humour transpiraient toujours, que ce soit lorsqu’elle prenait la parole en public, rencontrait d’autres groupes communautaires ou travaillait avec le personnel. Voici quelques témoignages de collègues qui l’ont côtoyée et qui ont apprécié sa créativité, son énergie et sa vision :


Patricia Kearns (conseillère en recherche et en réseau)

Je n’oublierai jamais la façon dont Rosanne s’est exprimée lors du forum sur la prévention des expositions aux perturbateurs endocriniens dans l’environnement et les milieux de travail à Toronto il y a quelques années. À la fin du forum, les gens se relayaient pour résumer leur expérience de la journée et faire connaître leur engagement à poursuivre le travail dans leur milieu.

Rosanne s’est levée et s’est adressée directement à Vanessa Gray, une jeune militante de la Première nation Aamjiwnaang de la Chemical Valley. Ce matin-là, Vanessa avait présenté un diaporama sur le travail qu’elle effectue auprès des jeunes de son milieu pour tenter de contrer la frustration qu’engendrent les niveaux élevés d’asthme, les mortinaissances et les déversements de l’usine Shell. Ses images et ses anecdotes racontaient la vie dans un environnement toxique infernal et nous expliquaient pourquoi Vanessa appelle cela du racisme environnemental.

Rosanne lui a parlé avec profondeur. Ses propos étaient empreints de lucidité et d’horreur, de reconnaissance et de cœur. Elle a dit à Vanessa que ses paroles l’avaient changée, elle, Rosanne, d’une manière profonde et elle l’a remercié pour son travail.

Rosanne a la capacité de dire la vérité d’une manière simple. Elle a démontré ce talent si souvent chez nous, à ACS-Qc. J’espère que nous aurons de nombreuses occasions de l’entendre à nouveau.


Viorica Lorcencova, administratrice

J’ai eu le plaisir de travailler avec Rosanne pendant trois ans, dont deux dans un minuscule bureau de l’avenue Monkland. Nous avons développé nos petites habitudes à nous deux : elle, qui me dérangeait constamment, et moi, qui lui rappelais sans cesse à quel point j’étais contente lorsqu’elle devait travailler en dehors du bureau. En fait, je n’ai jamais de toute ma vie connu une autre personne qui illumine l’espace comme elle le fait de sa présence. Je ressentais toujours sa chaleur quand elle était autour et j’avais toujours hâte qu’elle arrive.

Son sens de l’humour est ce qui fait que tout le monde dans l’organisation se sentait détendu et que nous pouvions échanger nos opinions d’une manière très ouverte, ce qui a donné lieu à des idées fortes et à des mesures senties. C’est en les voyant faire un travail qui les passionne, en voyant ce qui les inspire ou les fâche qu’on apprend à connaître les gens. J’ai eu la chance de découvrir bien des facettes de la personnalité de Rosanne, et je lui serai toujours reconnaissante de m’avoir appris des choses dont elle n’est même pas consciente qu’elle me les a apprises. Bien sûr, quand Rosanne a annoncé qu’elle quittait ACS-Qc, j’aurais dû jubiler ce que j’ai fait, à travers les larmes.


Anais Lagacé, coordonnatrice de projet

Travailler avec Rosanne : un plaisir. Nos journées étaient remplies d’humour et d’anecdotes. Sa belle énergie va me manquer.


Naike Ledan, coordonnatrice de projet

Rosanne : généreuse de son énergie, de son humour et de sa compassion.
Meilleur moment avec Rosanne : le jour de mon entrevue d’embauche. Elle était de toute évidence
je veux dire vraiment  contente, ce qui montre à quel point elle est spontanée.


Jennifer Beeman, nouvelle directrice générale d’ACS-Qc

Je n’ai jamais été accueillie dans une nouvelle organisation avec autant de chaleur qu’ici, par Rosanne. Elle m’a témoigné toute sa confiance, ce qui m’a donné du courage durant mes premières semaines dans mes nouvelles fonctions, et je lui serai toujours reconnaissante pour la générosité et l’ouverture dont elle a fait preuve pour faciliter la transition.