Par Maureen Lafrenière

Dans leur ouvrage à succès Slow Death by Rubber Duck: How the Toxic Chemistry of Everyday Life Affects Our Health, Bruce Lourie et Rick Smith décrivent les expériences qu’ils ont réalisées sur eux-mêmes pour démontrer la facilité avec laquelle notre organisme absorbe les substances chimiques synthétiques — notamment les cancérigènes connus ou présumés — par la nourriture, la respiration et le contact de la peau avec les produits d’usage courant.

En réponse aux questions de leurs lecteurs, les auteurs ont tenté de mieux comprendre comment le corps élimine certaines de ces substances chimiques. À partir d’auto-expérimentations et de recherches scientifiques publiées,Toxin Toxout: Getting Harmful Chemicals Out of Our Bodies and Our World nous offre des conseils simples et pratiques pour diminuer notre exposition aux substances chimiques synthétiques et les éliminer de notre corps en faisant appel à nos mécanismes de défense naturels.

Les auteurs proposent également des mesures politiques et économiques à notre portée pour lutter contre ces menaces, présentes dans l’environnement, notamment :

Lire les étiquettes; choisir des produits naturels
Les analyses d’urine de deux volontaires ont révélé une forte augmentation de phtalate de monoéthyle et de parabène de méthyle quelques heures après une seule utilisation de désodorisants et de vaporisateurs corporels conventionnels (les essais ont été précédés et suivis d’une période de 24 heures pendant laquelle aucun produit ne fut utilisé). Après l’utilisation de produits naturels ou biologiques, ces mêmes substances étaient absentes ou présentes en très petites quantités seulement.

Les parabènes sont associés aux allergies, à la dérégulation endocrinienne, aux troubles du système immunitaire et aux troubles reproductifs et métaboliques, et pourraient jouer un rôle dans le cancer du sein. Les phtalates sont associés à l’asthme, aux troubles de la reproduction et du développement, et à la dérégulation endocrinienne.

Manger plus de fruits et de légumes, et privilégier les aliments biologiques
Neuf enfants âgés de 2 à 12 ans, qui suivaient un régime alimentaire conventionnel, ont mangé des aliments biologiques pendant cinq jours. Leur urine a été analysée quotidiennement pendant 12 jours (3 jours de régime conventionnel, 5 jours de régime biologique, 4 jours de régime conventionnel). La teneur en dialkyl phosphate, un métabolite du pesticide organophosphoré DAP, a chuté de façon significative pendant la phase biologique avant de remonter dans une proportion équivalente pendant les quatre derniers jours du cycle.

Les pesticides synthétiques sont associés à la dérégulation endocrinienne, au lymphome non hodgkinien, aux troubles du développement chez les enfants, au faible poids à la naissance, aux troubles reproductifs, à l’asthme et au risque accru d’obésité et de diabète. Selon certaines études, notre exposition aux pesticides vient principalement des fruits et légumes.

Boire de l’eau, faire de l’exercice et transpirer!
Boire beaucoup d’eau, de préférence l’eau du robinet, semble aider à éliminer les toxines du corps. En mesurant le BPA et deux métabolites de phtalates dans son urine et sa sueur, un des coauteurs a constaté que les toxines ne s’éliminaient pas toutes de la même façon. En l’occurrence, les niveaux de métabolites de phtalates étaient plus élevés dans l’urine que dans la sueur, alors que les niveaux de BPA étaient plusieurs fois plus élevés dans la sueur que dans l’urine. L’exercice physique permet d’éliminer les toxines qui s’accumulent dans la graisse corporelle; on peut renforcer l’effet des exercices en les combinant avec un sauna.

L’exposition au BPA est associée à un risque accru de maladie cardiaque, de cancer du sein, d’infécondité et de dérégulation endocrinienne.

Jouer dehors
Nous passons beaucoup de temps à l’intérieur; il est donc essentiel d’assurer la qualité de l’air ambiant. Pour ce faire, il est bon de privilégier les tissus en fibres naturelles (sans traitement ignifuge) et les peintures et autres produits à faible teneur en COV (composés organiques volatils), et d’utiliser un aspirateur muni d’un filtre HEPA. Dans une expérience simple, l’un des coauteurs et un de ses collègues ont fait analyser des échantillons d’urine prélevés avant et après une période de huit heures pendant laquelle ils sont demeurés assis à l’intérieur d’une voiture neuve, les fenêtres fermées, à respirer les vapeurs dégagées par les plastiques, les adhésifs et les scellants utilisés dans la fabrication du véhicule. Les niveaux des quatre COV mesurés dans l’urine (heptanédione-2,5, hexanédione-2,5, acide méthylbenzyl mercapturique et acide benzyl mercapturique) ont augmenté de 1,5 à 5 fois entre le début et la fin de l’essai.

Certains COV sont des cancérigènes connus et sont associés à divers effets sur la santé.

Le livre contient une feuille détachable, que vous pouvez afficher sur le frigo, résumant les dix principaux conseils des auteurs, ainsi qu’une liste d’ouvrages recommandés et de nombreuses références à d’autres études, et peut-être la « liste à faire » la plus importante de votre vie.

Pourun point de vue intéressant sur ​​Toxin Toxout, veuillez lire la transcription d'une entrevue avec Bruce Lourie à la radio australienne.