Par Deborah Ostrovsky

Entrevue avec Carol Secter, membre du conseil d’administration d’ACS-Qc, sur les raisons qui l’ont poussée à devenir donatrice régulière.

Q. 1 : Vous êtes une donatrice passionnée d’ACS-Qc. Il y a tellement d’autres organismes caritatifs pour la lutte au cancer du sein, pourquoi avoir choisi ACS-Qc?

Carol Secter : J’ai choisi ACS-Qc parce que cet organisme défend une cause — depuis près de 20 ans — à laquelle aucun autre organisme caritatif du genre n’accorde suffisamment d’importance à mon avis : la prévention. Et je ne parle pas des incitations à « modifier nos habitudes de vie », que nous servent de si nombreux intervenants dans le milieu. Pas que je considère qu’il y a des raisons de ne pas modifier quelques aspects de notre mode de vie pour être en meilleure santé, en général, et diminuer les risques de cancer du sein, en particulier. Mais, réduire les risques d’une seule personne, individuellement, ce n’est pas exactement cela prévenir le cancer du sein, n’est-ce pas? C’est sur ce point qu’ACS-Qc se distingue des autres organismes. Depuis une vingtaine d’années, ses membres véhiculent l’idée que la législation et les normes de l’industrie de la fabrication doivent aussi être modifiées — avec toute l’audace qu’il faut. Il était donc naturel pour moi de souhaiter prendre part à un mouvement qui travaille à un véritable changement en profondeur de notre société.

Q. 2 : Vous encouragez les donateurs potentiels à donner dans la mesure de leurs moyens — aucun don n’est trop petit?
C. S. : Absolument. Pour réussir à faire passer le message selon lequel il faut se pencher sur les causes environnementales du cancer du sein, il faut faire en sorte de toucher le plus large auditoire possible. Bien que les dons importants soient primordiaux pour notre organisme, ceux et celles qui ne peuvent se permettre de donner beaucoup — et aucun don n’est trop petit — doivent sentir qu’ils sont importants pour nous, et ils nous disent qu’ils ont entendu notre message et qu’ils croient qu’il est possible de changer les choses. Cette année, vous ne pouvez peut-être donner qu’une petite somme, mais l’année prochaine vous serez peut-être en mesure de donner plus. En devenant donateur, vous assurez ACS-Qc de votre soutien moral autant que financier.

Q.3 : Vous êtes vous-même donatrice régulière. Qu’est‑ce que ça signifie concrètement?
C. S. : Ça signifie que j’ai pris l’engagement de faire un don à l’organisme chaque année pendant une période déterminée. Cinq ans, dans mon cas. J’ai eu la chance de me retrouver avec un petit surplus d’argent à la vente de notre résidence et je sentais qu’il était temps pour moi de faire un peu plus. Ma situation pourrait bien sûr changer, mais pour les cinq prochaines années, je sais que j’aurai plus d’argent que ma pension. Bien entendu, il n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir des revenus supplémentaires pour devenir donateur régulier — je suis d’avis que tout un chacun devrait consacrer un peu de son temps ou de son argent aux causes qui lui tiennent à cœur, peu importe la quantité.

Q. 4 : Pourquoi les donateurs réguliers sont‑ils si importants pour ACS-Qc?
C. S. : Comme tout organisme sans but lucratif, ACS-Qc a de grands rêves et un budget limité — pour être en mesure de planifier ses projets, l’organisme doit compter sur un revenu prévisible. C’est là que les donateurs réguliers entrent en ligne de compte. Leur soutien assuré permet à l’organisme de planifier à plus long terme, car il sait qu’il disposera des fonds nécessaires pour financer ses projets.

Q. 5 : Que fait ACS-Qc avec nos dons?
C. S. : L’équipe d’ACS-Qc a mis sur pied et maintient une grande variété de projets auxquels j’ai pu prendre part au fil des années; les dons reçus servent à élaborer et à soutenir ces projets. Ces deux dernières années, nous avons mis de l’avant le thème de l’aspect sécuritaire des cosmétiques et des produits de soin personnel afin de mettre en évidence et d’expliquer les liens qui existent entre les toxines présentes dans notre environnement et notre santé — y compris, bien sûr, le cancer du sein.
Récemment, nous avons réalisé qu’il nous fallait axer nos campagnes sur les adolescentes et les jeunes femmes, car les enjeux liés au cancer du sein ne les touchent qu’indirectement pour l’instant. Elles ont vu leurs mères, leurs tantes, leurs grands‑mères ou celles de leurs amis faire face au terrible diagnostic et subir des traitements, mais ni elles-mêmes ni leurs camarades n’ont été touchées directement par la maladie (bien que des études américaines montrent qu’il y a plus de jeunes femmes qu’auparavant qui reçoivent un diagnostic de cancer du sein). Le travail d’ACS-Qc auprès de ce groupe est important : la quantité de produits toxiques absorbés par le corps de ces jeunes femmes n’a pas encore atteint le seuil critique néfaste, et la prévention primaire peut avoir un véritable impact chez elles!
ACS-Qc utilise les dons qu’elle reçoit pour diffuser ses messages au grand public, et ce, par les moyens les plus directs possible. Citons en exemple notre projet sur les perturbateurs endocriniens, la campagne « Lâchez mes hormones! ». Vous ne nous verrez jamais organiser de gala de bienfaisance, ni accepter les dons d’une société pharmaceutique, d’un acteur de l’industrie de la recherche sur le cancer ou de quelque entreprise que ce soit dont le produit est susceptible de causer le cancer. ACS-Qc est trop occupée à présenter des ateliers dans les écoles, les milieux de travail, les centres communautaires ou culturels, à aller directement à la rencontre des femmes et des familles qu’elle dessert.